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article Apprendre aux élèves à questionner les textes     -    publié le 24/06/2014

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• Arguments psychologiques

La première lecture a une fonction de repérage thématique( d’où la question : "de quoi parle le texte ?"), rarement de construction problématique (qu’est-ce que le texte veut dire ? qu’est-ce qu’il raconte, explique" ? ).
Le premier repérage superficiel suffit pour répondre aux questions, mettant en oeuvre des procédures rudimentaires qui demandent peu d’efforts. Les élèves recherchent le mot clé de la question, le localisent dans le texte grâce à un indice et recopient l’information (la plupart du temps celle qui est placée à droite du mot clé).
Cette stratégie de localisation rend des services et est renforcée au cycle 2 par une usage pédagogique fréquent de tâches pour lesquelles elle est pertinente , les maîtres cherchant à mettre leurs élèves en position de réussite en utilisant les questions les plus faciles. Toutefois, à moyen terme, cette stratégie peut s’avérer contreproductive. Ainsi, certain élèves vont-ils échouer à répondre à des questions inférentielles obligeant à raisonner, associer des informations, déduire, construire, imaginer,, avoir recours à ses connaissances.

"Ce matin, nous avons accueilli dans la classe, pour la première fois, un camarade italien. François l’a fait asseoir à côté de lui et lui a demandé son nom. Avec une petite courbette qui nous a tous fait rire, le nouveau a dit, souriant à toute la classe : "Angelo". Il connaît mal notre langue car il n’est en France que depuis une semaine. Il comprend les explications du maître et peut parfois faire les problèmes, mais il est incapable de suivre la dictée. Il semble avoir très bon caractère et rit avec nous de bon coeur des fautes qu’il fait en parlant. Il chante très bien et nous a promis de nous apporter demain les photos de son pays dont il a décoré sa chambre."
Inetop - Test de lecture silencieuse

- 1 - Comment s’appelle le nouveau camarade ?

Il s’appelle François

- 2 - Depuis quand suit-il cette classe ?

Depuis une semaine

- 3 - Quel est l’exercice le plus difficile pour lui en classe ?

C’est les problèmes

- 4 - En quoi est-il très bon ?

Il est très bon en caractère

Ces réponses relevées dans plusieurs milliers de copies permettent de mieux comprendre comment les élèves résolvent ce type de tâche.

- question 1

 : ils lisent rapidement la question et partent à la recherche de la réponse ou plutôt d’une majuscule. Ils infèrent que si la question est placée en premier, c’est que l’information se situe sur la première ligne. Sans relire le texte, ils recopient "François"

(NB : Si à la fin du test, on leur demande de dire comment s’appelle le nouveau camarade, ils seront capables de répondre correctement, mais ce n’est pas ce qu’ils ont écrit).
Ainsi, les faibles lecteurs ne savant souvent pas très bien dans quelles circonstances il faut se rapporter au texte pour répondre. Ils font ainsi de mauvais choix, traitant certaines questions sur la base de leurs souvenirs de lecture et parfois également leurs connaissances préalables du monde.

- question 3

 : la réponse illustre bien ce mécanisme. L’élève n’a traité qu’une partie de l’information (il a retenu ce dont on parle dans le texte, mais pas ce qui en est dit).

Ce type d’erreur est fréquent chez les élèves les moins bien auto-régulés.

La résolution d’un questionnaire génère des difficultés chez tous les élèves (et en particulier les EANA) qui ne se réduisent pas à la seule compréhension du texte. . or, l’usage de ces questionnaires est très répandu dans les pratiques scolaires (dès le cycle 2) (on les utilise longtemps de façon quasi exclusive pour évaluer les compétences en compréhension et la qualité de lecture des élèves). Si les élèves passent beaucoup de temps à la correction collective, voire à y répondre, en revanche, ils passent peu de temps à apprendre comment y répondre. Ils sont donc évalués sur des compétences qu’on ne leur enseigne pas explicitement. Il est donc évident que les plus faibles d’entre eux sont peu performants dans ce type d’exercice dès lors que les questions exigent un raisonnement, même élémentaire.

Il ne suffit pas de faire traiter régulièrement des questionnaires aux élèves. Il faut mettre en oeuvre des pratiques d’enseignement permettant :
- d’apprendre aux élèves à construire les compétences permettant de traiter stratégiquement ces questionnaires
- les mener à comprendre que ces compétences vont leur permettre d’améliorer leur qualité de lecture (et pas seulement à les évaluer)
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