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article Le FLS en France     -    publié le 28/03/2014

Marie-Pascale Hamez

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• FLS : définitions

Selon le récent Dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde (2003), l’expression FLS désigne un domaine d’enseignement du français, inscrit dans les pratiques depuis la fin du XIX° siècle, concernant les publics ruraux allophones et les publics scolaires des pays colonisés, mais dénommés comme tel depuis 1969, comme le précise Jean-Pierre Cuq (1991). Cette période voit se développer le taux de scolarisation dans les anciennes colonies françaises, développement qui amène à l’école des publics d’élèves ruraux ou urbains issus des quartiers populaires, dont les familles n’entretiennent aucun rapport particulier avec le français.
La formule FLS, fréquemment utilisée sans que la notion soit clairement définie, a des acceptions largement différentes selon les pays et selon les auteurs. La notion a été souvent interrogée par les chercheurs et les praticiens opérant dans ce domaine, comme en témoignent de nombreux numéros spéciaux de revue de linguistique et de didactique, tel le numéro 2 de la revue Lidil, du laboratoire Lidilem de l’université Stendhal de Grenoble, coordonné par Louise Dabène en 1970 : "les langues et cultures des populations migrantes : un défi à l’école française".

• FLE/FLS : le statut scientifique de "français langue seconde"

C’est Jean-Pierre Cuq qui pose en 1991, le statut scientifique de la notion de français langue seconde. Le FLS est défini dans son ouvrage, comme un concept ressortissant au domaine du FLE, avec des spécificités linguistiques et institutionnelles, pour lequel est esquissée la définition suivante :

"Le FLS est un concept ressortissant aux concepts de langue et de français. Sur chacune des aires où il trouve son application, c’est une langue de nature étrangère. Il se distingue des autres langues étrangères éventuellement présentes sur ces aires par ses valeurs statutaires, soit juridiquement, soit socialement, soit les deux et par le degré d’appropriation que la communauté qui l’utilise s’est octroyé ou revendique. La plupart de ses membres le sont aussi et le français joue dans leur développement psychologique, cognitif et informatif, conjointement avec une ou plusieurs autres langues, un rôle privilégié." (1991)

Cette définition ne peut cependant s’appliquer au domaine du français enseigné aux élèves allophones, puisque la fin prévisible du processus doit être la maîtrise du français langue de communication, mais aussi langue de scolarisation, pour mener à l’insertion, nécessité qui distingue nettement les migrants, des autres groupes évoqués dans la définition.

• La notion de "langue de scolarisation"

Pour définir ce domaine particulier, Gérard Vigner établit, la notion de langue de scolarisation :
"langue apprise pour enseigner d’autres matières qu’elle-même et qui peut, dans certains pays, être présente dans l’environnement social des élèves." (1992, p.40)

On retrouve ces fonctions du français, matière d’enseignement mais aussi vecteur d’apprentissage, prises en compte dans la définition la plus récente du français langue seconde, énoncée dans le Dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde (2003), définition dont l’extrait suivant reprend le concept de langue de scolarisation :

"...Cette dénomination, fondée sur l’ordre supposé d’acquisition des langues, désigne habituellement un mode d’enseignement et d’apprentissage du français auprès de publics scolaires dont la langue d’origine est autre que le français et qui ont à effectuer tout ou partie de leur scolarité dans cette langue. Les publics concernés peuvent être des apprenants nouvellement arrivés dans un pays majoritairement francophone (France, Suisse, Belgique, Canada), en vue d’y être scolarisés. Un enseignement spécifique du français leur est dispensé dans des structures d’accueil qui assurent la transition entre une première approche du français comme langue étrangère et le français utilisé comme langue de scolarisation..." (p.109)

La spécificité de cet enseignement apparaît très nettement dans les réflexions didactiques et institutionnelles des vingt dernières années, qui ont tenté de définir des priorités éducatives, de donner des propositions de réponse aux questions suivantes :

- comment aider un groupe d’élèves, dont l’hétérogénéité atteint dans ce type de structure, son degré maximal, à apprendre le "français de scolarisation", "langue d’intégration scolaire" ?

- comment aborder le français comme outil transversal d’échange dans l’acquisition des savoirs à l’écrit et à l’oral ?

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