La maîtrise de la langue dans l'apprentissage du français comme langue seconde publié le 24/03/2014

...34567891011...

Les priorités à renforcer dans le cadre de l’enseignement du français des enfants migrants

Une consolidation de la communication orale

Cette compétence est importante à développer pour deux raisons : l’enfant doit comprendre au plus tôt ce que l’institution scolaire attend de lui ; l’échange constitue un facteur puissant pour motiver un élève dans son apprentissage.
Ces éléments s’apparentent à la réflexion menée par la discipline du FLE. Cependant, à la différence du français langue étrangère, il faut axer davantage l’enseignement sur la compréhension que sur la production et insister davantage sur la communication scolaire. En effet, l’enfant doit d’abord comprendre le discours du professeur et répondre à ses injonctions. De plus, le comportement scolaire attendu en France est parfois différent de celui d’autres pays : les règles sont donc à apprendre.

Un travail synthétique sur la langue

Dans le cadre de l’apprentissage en FLE, les priorités sont davantage centrées sur la communication que sur la compréhension. Cette méthode ne peut pas se transposer aux enfants migrants. En effet, ces derniers doivent s’initier au plus tôt au fonctionnement de la phrase : le vocabulaire, la prononciation et la syntaxe. Ces éléments sont indispensables à l’apprentissage de la lecture et au passage à la maîtrise de la langue écrite. Mais cet apprentissage linguistique doit avoir du sens pour l’élève qui a besoin d’en saisir l’utilité dans la communication.

Une conséquence interlinguistique

Il est important que l’apprentissage de la langue du pays d’accueil ne s’effectue pas au détriment de la langue maternelle, pour éviter les conflits linguistiques que j’évoquais précédemment. Les enseignants doivent faire comprendre aux élèves que l’acquisition du français est un facteur d’enrichissement personnel et non pas une mutilation.
Il faut favoriser une attitude réflexive sur le rapport entre les différentes langues. Certes, les professeurs ne connaissent pas les langues d’origine des élèves nouvellement arrivés sur le territoire. Cependant, cela ne doit pas empêcher de valoriser les acquis linguistiques de l’enfant dans sa langue maternelle dans le cadre d’un échange ponctuel avec l’enseignant et la classe. Des outils pédagogiques ont été mis en place qui seront étudiés dans le cadre de cette université d’automne (N. Auger). Favoriser la comparaison des langues est un moyen de diminuer les tensions et d’amener l’enfant à ne pas vivre l’apprentissage de la langue d’accueil comme une contrainte imposée.
Les pistes que j’expose ne sont pas des solutions miracles qui résoudront tous les problèmes auxquels sont confrontés les enseignants. La notion de français langue de scolarisation se superpose à celles de français langue seconde et de français langue étrangère. Il faut arriver à définir une pédagogie mixte pour l’enfant primo-arrivant, partant de la situation de l’élève, de ses besoins, des urgences auxquelles il est confronté. C’est dans cette perspective qu’il nous faut travailler.