La maîtrise de la langue dans l'apprentissage du français comme langue seconde publié le 24/03/2014

Français langue seconde (FLS)

La notion de français langue seconde s’applique quand la langue française dispose d’un statut dans le pays considéré et qui s’accompagne d’une pratique plus ou moins importante par tout ou partie de la population. Par exemple, au Mali, le français est langue seconde puisque c’est à la fois la langue officielle du pays, mais également la langue administrative, politique et économique, et il est parlé par une partie de la population.

Apports de la réflexion du FLS utiles à la situation des EANA

La notion de français langue seconde s’applique non seulement dans les pays francophones, mais aussi sur des portions du territoire français, notamment les Dom-Tom. Ainsi, en Guyane, seul un quart de la population a le français pour langue maternelle. En métropole même, la situation de français langue seconde peut s’appliquer aux populations étrangères nouvellement arrivées et souhaitant y demeurer. Nous devons tenir compte de cette réalité.
Devoir apprendre une langue dans un pays où l’enfant sera amené à vivre n’a pas du tout la même importance que d’apprendre une langue étrangère pour, plus tard, faire éventuellement du tourisme, ou pour bénéficier d’une ouverture culturelle. Les méthodes, les contraintes et les contenus seront adaptés à cette exigence.
La position du FLS est difficile à percevoir puisque, comme pour le FLE, le français n’est pas langue maternelle pour une partie de la population. Cependant, il s’applique sur un territoire où les interactions sociales s’effectuent généralement en langue française. Un élève nouvellement arrivé sera en concurrence avec des élèves qui maîtrisent le français depuis leur plus jeune âge.
De nombreuses études d’ordre sociolinguistique et psycholinguistique ont démontré qu’il était plus difficile de maîtriser le français en langue seconde qu’en langue étrangère. Le poids social et les enjeux sont beaucoup plus grands puisque l’acquisition de la langue du pays d’accueil est un préalable à l’insertion sociale.
De plus, l’acquisition du français langue seconde est liée à une histoire migratoire souvent douloureuse et une arrivée sur le territoire dans des conditions sociales difficiles. Cette situation peut entraîner un rejet de la langue du pays d’accueil si l’apprentissage du français est perçu comme une contrainte imposée au détriment de la préservation de la langue maternelle. Il existe beaucoup plus de risques de conflits linguistiques ou de diglossie en français langue seconde qu’en français langue étrangère. C’est l’une des principales difficultés à surmonter pour l’enseignant.
Cette réflexion sur le français langue seconde, qu’elle soit effectuée sous l’angle socio-politique ou psycholinguistique, amène à percevoir la situation des apprenants étrangers en France d’une façon spécifique en prenant en considération le poids social, l’importance des enjeux et les aspects identitaires.
En revanche, les experts qui se situent dans cette notion s’intéressent peu à la dimension scolaire de ces apprentissages. Cette approche doit être complétée avec le concept de français langue de scolarisation.