La maîtrise de la langue dans l'apprentissage du français comme langue seconde publié le 24/03/2014

Français langue étrangère (FLE)

Cette notion s’emploie quand le français n’a pas de statut particulier dans le pays considéré. Par exemple, l’anglais est langue étrangère en France ; de la même façon, le français est considéré comme une langue étrangère au Royaume-Uni.

Apports de la didactique du FLE utiles à la situation des EANA

Le FLE apporte une vision différente de l’apprentissage et de l’enseignement. Le français ne s’enseigne pas de la même façon à des étrangers qu’aux natifs de langue maternelle : les enjeux, les exigences, les méthodes, les contraintes et les contenus ne sont pas les mêmes. En FLE, l’apprenant dispose déjà du substrat de sa langue maternelle qui pourra influer positivement (transferts) ou négativement (interférences) sur l’apprentissage du français.
Depuis une cinquantaine d’années, la discipline du FLE a placé la communication au cœur de ses préoccupations, perçue à la fois comme un objectif, mais aussi comme un moyen et une méthode d’apprentissage. Des activités spécifiques ont ainsi été développées comme les mises en situation globales ou encore les jeux de rôle. Ces exercices traduisent la volonté d’inscrire l’enseignement du français dans une perspective communicative.
Dans les premiers temps de l’apprentissage, la communication en FLE est principalement axée sur le développement de la compétence orale. Elle s’accompagne d’un certain équilibre vis-à-vis de l’écrit, mais tient en compte des besoins spécifiques des apprenants.
Le rapport à l’erreur est différent en FLE. Celle-ci est interprétée, non pas comme une faute, mais comme l’indice de l’étape de construction de la langue dans laquelle se situe l’apprenant.
Le FLE prend en compte les liens intimes qui existent entre l’apprentissage d’une langue et la culture d’origine de l’apprenant. Dans cette conception, la culture ne doit pas être seulement entendue au sens classique du terme (culture littéraire, historique, artistique…), mais élargie à la dimension pratique de la culture, c’est-à-dire les pratiques culturelles communes présentes dans les aspects les plus quotidiens de la vie sociale.
Limites de ces apports
Les problématiques abordées par le FLE concernent les enfants nouvellement arrivés en France. Cependant, pour ces élèves, la langue française n’occupe pas du tout la même place que pour les apprenants en français langue étrangère. À la différence du FLE, la maîtrise du français conditionne la réussite scolaire des enfants primo-arrivants. Tous les apprentissages s’effectuent dans cette langue. Cette situation n’a rien de comparable à un élève anglais qui apprend le français dans son collège.
Le FLE se préoccupe très rarement de l’apprentissage de la lecture à des débutants. Or les enfants migrants effectuent bien souvent les premières étapes de l’alphabétisation en France. L’enfant nouvellement arrivé dispose de très peu de temps pour rattraper le niveau en français de ses camarades de classe. S’il ne maîtrise pas la langue d’accueil après seize ans, il prend le risque d’être rejeté par l’institution scolaire. Les conditions d’acquisition de la langue française entre un apprenant en FLE et un élève nouvellement arrivé qui suit sa scolarité en France sont donc radicalement différentes. À cela, s’ajoutent également des exigences sociales accrues puisque l’enfant doit aussi s’approprier les normes et les codes de la vie en société. Le concept de français langue seconde (FLS) complète les réflexions du FLE en tenant compte de ces spécificités.