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article L’éveil précoce aux langues : un atout pour les enfants     -    publié le 18/01/2014

in Le Furet, n° 68 - juillet 2012

Un premier constat : il est nécessaire de soutenir les familles d’enfants immigrés dans la transmission de leur langue d’origine ; même si la France, pays multilingue et multiculturel a encore beaucoup de mal à l’admettre (cf. but du système éducatif depuis 1789). Malgré les diverses recommandations, études,... les préjugés liés au plurilinguisme demeurent.

- Une hiérarchie linguistique

Selon l’INSEE, un enfant sur cinq est en position de bilinguisme. L’école invite toujours à ne faire usage que du français. Les parents hésitent donc à transmettre leur langue d’origine et une coupure entre langue "majeures" (comme l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le chinois) et langues "mineures" se créée. Même dans les couples mixtes, c’est souvent le français qui prend le pas sur l’autre langue du couple. De plus, la hiérarchie des langues rend difficile la transmission surtout quand les occasions de rentrer au pays sont peu nombreuses.
Si, pour certains enfants, parler une autre langue que le français ne pose pas problème et est même source de fierté, pour d’autres, ce bilinguisme est ressenti comme un handicap qui peut se transformer en un malaise linguistique puis identitaire (qui disparaît avec l’âge ou, au contraire, se renforce). Certains enfants n’ont même pas conscience qu’ils parlent une autre langue (ex. du pulaar).

- Les professionnels et le bi-ou plurilinguisme

Beaucoup de professionnels de l’éducation sont embarrassés quand il faut accueillir la diversité tout en garantissant le principe d’égalité républicaine. Leurs craintes portent avant tout sur les futures performances des enfants à l’école, comme sur la réaction des parents. Les connaissances en matière de plurilinguisme et de perception de la diversité linguistique au sein de la même structure varient d’un professionnel à l’autre. La plupart manquent de bases théoriques sur le plurilinguisme et d’outils pratiques d’accompagnement. L’association DULALA peut répondre à ces demandes par le biais de son site notamment.

Il est nécessaire de favoriser les échanges dans la langue d’origine des enfants pour obtenir la confiance nécessaire à l’apprentissage du français. Ceci est démontré dans nombre d’études : la sécurité engendrée par la pratique de la langue d’origine fait émerger la capacité à construire des liens qui renforcent l’identité et ne la menacent pas, permettant ainsi un apprentissage serein d’une autre langue (le français).

- L’association DULALA

L’association accompagne parents et professionnels pour réduire le clivage trop fréquent entre la famille et l’école où l’enfant joue un rôle de médiateur qui ne doit pas être le sien.
Il faut créer du lien social entre les enfants : quand un enfant entend la langue des ses parents dans l’espace commun de l’école, il sent sa différence reconnue et acceptée. Cela contribue à renforcer ses liens familiaux et sa confiance en lui.
L’éveil à plusieurs langues dès la petite enfance (où l’enfant a l’oreille universelle capable d’accueillir et de jouer avec les sons, le sens de plusieurs langues) développe un appétit pour la diversité des coutumes et des savoirs.

- Document joint

Le Furet n°68 - juillet 2012.

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