L’École et son environnement publié le 06/05/2019

Séminaire académique éducation prioritaire - journée 2 - 11 janvier 2019

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« L’École et son environnement »

Le CAREP et les correspondants académiques de l’éducation prioritaire, M. Franck Picaud (IA-DASEN 79) et Mme Séverine Verschaeve (IA-IPR SVT) ont organisé le vendredi 11 janvier 2019 un séminaire de formation axé sur « l’École et son environnement  ».

Correspondants académiques

Ce séminaire avait donc pour vocation de traiter d’un sujet qui n’est pas toujours traité en tant que tel mais qui fait pourtant partie des problématiques du quotidien. Notamment autour de la question de la clôture symbolique.

La sanctuarisation

L’école laïque a repris le vocabulaire du sacré pour marquer la distinction de l’espace intra-école et extra-école ; celui de la sanctuarisation. Voilà qui ne manque pas d’attirer la curiosité. La sanctuarisation est un terme employé régulièrement dans l’Éducation nationale mais tout le monde ne s’accorde pas sur sa définition.

Sanctuariser, c’est instituer un lieu ou un temps comme étant sacré, qui serait au-dessus des lois humaines. Élément antinomique, s’il en est, car il indiquerait en creux que la loi de la République ne pourrait pas s’appliquer en ces lieux ?! Or, l’École est le creuset de la formation aux valeurs et principes de la République.

Mais ne prenons pas cela pour une simple question de mots. En employant ce terme, il s’agit bel et bien de dire que certaines choses sont plus importantes que tout le reste. En l’occurrence, pour l’École, le Savoir et sa transmission, et par extension, que l’Éducation conduit à former des citoyens libres.

Histoire du concept

Cette idée de sanctuarisation des lieux d’enseignement n’est pas nouvelle.

Elle a pour origine la fondation des universités aux XIIe-XIIIe siècles qui étaient placées sous l’autorité directe du pape. Le débat porte dès cette période sur qui a le droit d’intervenir en ces lieux. Déjà, ces lieux sont, de fait, perçus comme à part par la société civile et cléricale ; devant être traités différemment.

Mais elle fut également très fortement reprise à la fin du XIXe siècle par la IIIe République qui, dans son combat anticlérical, voulait séparer le temporel de l’intemporel. Tous les édifices publics étaient physiquement séparés des autres bâtiments par une rue, des clôtures forgées, des jardins … il y avait la volonté de faire identifier les espaces de la République dans le paysage du commun. Une sorte de géo-symbole qui fonctionne encore de nos jours au même titre qu’un stade ou un centre commercial est identifiable par sa situation et son architecture.

Toutefois, le concept de sanctuarisation de l’École a évolué tout au long du XXe siècle pour conduire à une sorte de doctrine que nous pourrions résumer ainsi :

« L’École est un sanctuaire qui ne doit subir aucune influence extérieure afin de protéger les élèves ».

Et d’aucune influence , un glissement discret s’est opéré dans la seconde moitié du XXe siècle vers aucune intrusion. Il en est advenu le principe que l’École devait se fermer et maintenir à l’extérieur toute personne ou organisme qui n’intervenait pas dans le champ éducatif ; et qui donc pouvait la menacer. Parmi ces mises à distance, les parents ont été inclus dans les menaces potentielles.

Document joint
un document Compte-rendu du séminaire (PDF de 2.3 Mo)

L’École et son environnement - Séminaire académique éducation prioritaire - Poitiers - Janvier 2019.