Deuxième édition du séminaire des formateurs publié le 18/01/2019

Quelles sont les conséquences effectives des stéréotypes et comment faire au niveau des pratiques éducatives ?

La justice scolaire comprend l’ensemble des situations au travers desquelles un ou des membres de la communauté scolaire vont vivre ou faire vivre à autrui un sentiment de justice ou d’injustice à partir de leurs actes, de leurs propos, de leurs décisions, etc.

La justice en milieu scolaire est un des facteurs essentiels du climat scolaire, elle améliore les contextes d’apprentissage des élèves et les conditions d’exercice des personnels de l’Education nationale.

Plusieurs situations influencent le sentiment de justice ou d’injustice pour l’élève :

  • l’évaluation : les filles et les garçons ne sont pas évalués de la même manière selon les matières et les interactions même si cela n’est pas systématique. Ces différences d’appréciation traduisent des différences d’attentes : les filles sont félicitées pour leurs résultats, les garçons sont stimulés pour leur potentiel.
  • les punitions : les résultats montrent que les élèves visés par les auteurs de violence sont généralement de même sexe que leurs agresseurs. Une insulte proférée par une fille apparaît bien souvent plus choquante que la même insulte émanant d’un garçon.
     Pour veiller au bon climat scolaire, un des axes est le travail sur l’architecture scolaire. Il est aisé de revoir l’occupation de l’espace public notamment la cour de récréation (ne pas mettre les jeux spatiaux, jeux de garçons comme le ballon au centre de la cours), de mettre des nombres sur les vestiaires par exemple au lieu de vestiaire garçon, vestiaire fille, pour éviter les violences sexistes à l’école et le transphobisme.

Un autre axe pour améliorer le climat scolaire est la justice restaurative ou justice réparatrice pratiquée en milieu pénitentiaire, avec succès, depuis de nombreuses années par bons nombres de pays tels le Canada, la Suisse, la Belgique ou encore l’Afrique du Sud. Son principe est de rétablir les relations entre la victime et l’auteur de l’infraction, par une écoute attentive, privilégiée et confidentielle des parties par un tiers indépendant. Concrètement le chef d’établissement scolaire demande à un élève repéré comme populaire dans la classe de jeter un œil sur l’élève fragile et de lui rendre compte de ces découvertes. Les premiers retours en collège sont très positifs.

Un climat scolaire inclusif nécessite de lutter contre toutes les discriminations. De manière collective, à l’échelle de l’établissement, ces discriminations lorsqu’elles sont répétées voire systématisées, contribuent à dégrader les relations entre toute la communauté éducative : enseignants, enfants, parents et augmentent les victimisations.
Lutter contre toutes les exclusions c’est agir en faveur du bien-être de toutes et tous et c’est aussi lutter contre la délinquance des jeunes.
C’est favoriser une école bienveillante propice aux apprentissages