Canaletto au Centre d’Art de l’Hôtel Caumont d'Aix-En-Provence du 6 mai au 13 septembre 2015 publié le 06/09/2015

Rome, Londres, Venise. Le triomphe de la lumière

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J’ai choisi ce délicieux "Caprice architectonique" à cause des petits gardes suisses (car ce sont eux qui m’ont sautés aux yeux immédiatement), campés aux extrémités de la toile,comme les gardiens de cette précieuse œuvre, où l’on peut toutefois pénétrer sans aucune menace de leur part (et pas comme dans les temples de Bali où les gars n’ont pas l’air de rigoler) ceux-ci sont quelques peu avachis et sont plutôt occupés à échanger civiquement avec les citoyens. Il y en a eu plein d’autres après. Normal, le prétexte architectural est grandiloquent et surtout théâtral. Le sociologue historien y trouvera son caprice maniaque lui évitant ainsi, l’insoutenable odeur de la peinture comme celle de la poudre. Alors il y mettra du savant, avec des mots dans un ordre bien établit comme on lui a appris à l’école. Sans rien sentir.

Même pas mal.

Les œuvres de Canaletto sentent encore la peinture. Celles de Picasso aussi. Et de bien d’autres encore. Tenez, par exemple celles de Giacometti, toujours chez Granet ça renifle sec, le portrait d’Anette vous laisse des fragrances délicieuses dont les yeux vous maintiendraient indéfiniment les vôtres dans les siens, à vous transformer en statue, pour l’éternité. un effet Pygmalion inversé si vous voyez ce que je veux dire. Et justement, l’odeur et Galatée, c’est comme la sculpture en pierre, cela se sent, renifler un marbre de l’Ange relève de la même saveur que les bonnes vieilles diableries romanes de Moissac ou des modestes grotesques modillons taillés dans le calcaire de notre Charentes-Poitou (il faut voir et soulever le nez, il y en a de velus et de sacrément causant).
Les lithographies de Toulouse à Albi, sur notre route en allant chez Paulo et Émile, aussi, ont du nez comme le bon vin.

Ainsi les Caprices c’était la mode, à l’époque, enfin ils étaient juste réservés à la noblesse et non à la masse, avec les ruines qui allaient devenir aussi à la mode de chez nous, dans la continuité, chez un Hubert-Robert (mais qui a causé de rupture en art ? Perso, je pense que l’on peut aussi s’éviter des pensées za la mode, dominantes par leur insistance à faire croire que. Il y a eu aussi du continuum dans l’art tout comme dans le cochon ou dans la couleur. Dans "le concept qui engraisse", juste histoire de citer mon vieux copain).

Je continue, justement, au sujet de.

Qui nous a conduit vers le Canal.

Et tôt.

Facile.

Car petit qu’il était, mais grandiosement peintre, par rapport à son père, exposé aussi dans cette prodigieuse exposition. Une histoire de famille, la Peinture (ça pourrait faire un bon thème en Hache Des A). Et de nom chez les italiens, Boticelli détestait le sien, à ce que l’on dit, c’est une rumeur que j’ai ouïe dire. C’est vrai que se faire appeler petit tonneau, il n’y a qu’un pas pour le glissement sémantique et les redoutables interprétations savonneuses. Ça peut vexer le génie, et forger une personnalité d’une susceptibilité redoutable, jusqu’à se faire dérouiller par les sbires de Savonarole.

Mais là je m’égare dans le conte. Comme à l’usage, les mots s’écoulent telle la farine entre les doigts du boulanger. En plus je frise l’élément architectonique.

Non, je voulais dire l’anachronisme. Mais je trouve ça plus snob comme emploi, donc très bon et très chic pour le lecteur avant-gardiste.

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