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article L’homme en perspective – Les primitifs d’Italie – Daniel Arasse     -    publié le 20/02/2015    mis à jour le 23/03/2015

Le 4/04/2015

3h44 – première levée de corps et raideurs associées.

6h40 – deuxième levée, plus souple annonciation de sobre fluidité.

Il vient d’achever le premier tome d’un coffret comportant deux ouvrages de Danielle Arasse (le second se nommant « L’homme en jeu) offert par le Père Noël, celui-là même lui confiant à l’oreille et en retour, avec ses amis les lutins et les rennes, vouloir savourer un article de sa main sur sa lecture qui fut, du feu éminent historien de l’art, ils n’en doute point, assurément délicieuse.

Danielle Arasse, un nom dont l’histoire de l’histoire de l’art sera marquée sans aucun doute pour son incontestable érudition et son incomparable apport à nous mieux faire voir l’Art de la peinture dans son détail ou dans ce qui avait échappé à la vue de tous, mais aussi pour sa capacité à « vulgariser » une discipline en la mettant à la portée de chacun là où auparavant les savoirs savants étaient convoqués à grand renfort de langages obscurs et hermétiques.

Il apprécie s’instruire efficacement, en se rappelant ces cours magistraux d’histoire, par exemple, où leurs simples souvenirs lui suffisent à se rappeler les grands évènements, les personnages éloquents, les intrigues politico-économiques, les influences sociétales diverses et complexes de pactes jusqu’à la moindre petite date faisant date justement à la mémoire de l’élève qu’il était.

Il retrouve à travers les textes d’Arasse cette capacité à transmettre par la juste et belle narration l’une des histoires les plus passionnantes de l’humanité : celle de l’Art et des artistes.

Le 16/03/2016

6h30 – Retour du repos – apaisement malgré les douleurs poitrinaires du matin - le sommeil semble plus stable.

Deux livres en cours : « L’homme en perspective » de Danielle Arasse et « Les villes invisibles » d’Italo Calvino.

D. Arasse – « L’homme en perspective » - Il est donc question de peinture, après tout c’est l’essentiel. D. Arasse nous amène à voir une société humaine en train de se transformer et de se construire à l’aide de ses images que cette société met en œuvre à travers ces programmes politiques et religieux. Même si celles-ci ont encore une fonction indiscutablement religieuse, l’espace de la cité devient la réalité de l’homme. L’homme se place en image et se représente à la mesure de son espace tout en conservant bien évidemment la dimension de l’espace divin.
L’œuvre d’art n’est pas au service unique de scènes civiles et mythologiques malgré les fresques inestimables d’Ambrogio Lorenzetti au palais communal de Sienne. Par ces scènes, des bons et mauvais gouvernements, la peinture s’émancipe de sa fonction exclusivement religieuse. Lorenzetti tout comme Piero Della Francesca sont des précurseurs dans l’élaboration de ce nouvel espace qui se réalise, à travers l’architecture et la cité, comme le sujet qui esquisse « le point de vue de l’homme » par la pratique de la perspective. Déjà Chez Giotto le fond d’or disparaît au profit d’édifices se détachant sur des fonds bleus.

Un nouvel imaginaire est en marche : la cité se construit en transformant ses racines médiévales, la ville apparaît alors comme espace représenté dans sa juste dimension annonçant aussi la naissance de l’urbanisme. La peste comme la perspective en ont été les incitatrices.

La lecture des « Villes invisibles » d’Italo Calvino n’entrave en rien celle d’Arasse, mais, parfois, fait avec bonheur écho aux chimères de l’esprit humain.

Il lui semble parfois revivre l’expérience enthousiaste de ces villes italiennes que ces pieds ont parcourues, de l’amplitude du bonheur à la découverte de ses rues de ses fresques de Venise à Florence, de cette chaleur pré renaissante siennoise caressant le grain des sculptures de Pisano, de « rêveries » dans la douceurs des jardins de Boboli de rencontres hors du temps avec la peinture : Botticelli, Giotto, Duccio, Fra Angelico, Uccello, Mantegna, Masaccio…
Les mots de « révélation » et « d’apparition » pourraient amener à quelques quiproquos à tendances mystico fallacieuses en notre époque de dénuement spirituel, cependant les termes dans leurs sens propres autorisent à traduire la pensée animée par le texte de Danielle Arasse.

Il se frotte les yeux.
Il se dit que ses cellules rétiniennes ne se limitent pas à un juste appareillage de la fonction de la vision au sens uniquement propre c’est-à-dire fonctionnelle, car voir pour voir ne serait alors que d’une utilisation mécanique. La vision révèle et fait apparaître à l’esprit bonheur, sentiments, savoirs, concepts… c’est à cet effet que l’auteur nous ramène incessamment et avec le plus grand talent d’écrivain et de narrateur ce qu’est la nature du pictural de sa puissance émotionnelle sur les âmes, mais aussi de son autorité naissante comme instrument de pouvoir qui prendra tout son sens au Cinquecento.

Le 17/003/2017

Il se dit que dans trois mois il aura atteint le « grand âge » : le quarante affublé du huit devient tout à fait honorable. Cela sonne comme un personnage biblique à barbe longue et bouclée, pouvant statuer sur un statut prophétique, il faudra penser à lui ériger une statue et la mélanger avec celles, alignées sous les arcades des Offices.

Il n’a pas de barbe, et n’en portera sûrement jamais tant que les (…) existeront, mais le 8 du quarante lui transformera, à coup sûr, l’apparence. Ce chiffre, il en est convaincu, possède un pouvoir métamorphosant.

Il repense à son idée du chemin des fleurs, sorte de mandala mural délirant, extrait d’une balade partant d’un rond point, où des pétales d’orchidées côtoieraient le célébrissime poster de Jimmy Hendrix. Il y a du revival grand parental dans l’air, et une idée de projet « Art du son d’une guitare inoubliable ».

On songera plus tard à une statue.

Le 18/03/2018

5h40

Une impression de goudron plein les bronches et dans la bouche. Position verticale éminemment obligatoire – toux sèche en continue. La toux comme continuum, une histoire colorée sans fin.

Il faudrait que je prépare rapidement un article sur le sujet « Flower Power » (analyse comparative : Art Nouveau/Art Psychédélique - Pop Art – Flower Power/Ornament Style) et le travail de transfert sur le claustra pour la salle de restaurant du lycée Thomas-Jean Main de Niort, avant qu’il ne tombe dans les rétrospectives (le claustra évidemment).

A éditer sur le site du lycée pour bien faire.

Café bientôt prêt.

Le 19/03/2019

D.Arasse : « L’homme en perspective »

J’ai noté :

« En temps que technique du récit la perspective exerce sa fonction essentielle pour les peintres du temps. »

Puis :

« …espace où se visualisent des relations logiques et narratives… profondeur  illusion spatiale mais parcours temporellement signifiant. »

L’invention se met en place petit à petit, s’ajuste et se règle permettant de raconter en donnant l’illusion d’un espace réel à la pensée (Francastel la nommera la pensée figurative).

On a l’impression en voyant « l’invention » à travers les œuvres, que l’on peut la toucher des doigts, s’affirmant à l’esprit : encore une histoire de vision, de révélation - comme quoi.

Le 20/03/2020

6h00 – le sommeil se stabilise.

6h45 – Dans mes chaussons.

Réception le 18 d’une convocation pour Paris, je vais peut-être pouvoir aller « contempler » les primitifs italiens au Musée Jacquemart. Là aussi, la contemplation est à prendre avec les « pincettes » que l’on doit à son rang, sans aucune volonté de prosélytisme de sa part quand il l’évoque et l’écrit en conséquence de sa définition du petit Robert :

Contempler : de 1265 : lat. contemplari . Considérer attentivement ; s’absorber dans l’observation de. Spécialement : Regarder avec admiration, un paysage, un tableau…
Contemplation : concentration de l’esprit (sur un sujet intellectuel ou religieux)

Point de confusion dans cette affaire qui nous interroge. Il contemple ici de manière tout à fait laïc : il lui apparaît et il lui est révélé en tout bien et tout honneur et très civilement les éléments du réels, sa vision n’étant altérée, en aucun cas, par une ou des entités irrationnelles.
Si il affectionne concentrer son esprit sur des sujets intellectuels (qu’ils lui échappent souvent) c’est un fait, mais rien ne lui interdit à lui et à quiconque, d’intéresser son esprit sur un sujet religieux et il est un fait qu’il ne saurait contredire que l’art occidental à lui seul regorge de tels sujets. Donc aucune révélation d’ordre extatique à l’idée d’aller contempler quelques œuvres des « Primitifs italiens » au Musée Jacquemart, mais plutôt d’aller à la quête d’un temps où « la petite sensation » (évoquée par Cézanne) saura à nouveau faire vibrer son corps et son esprit et en gardera le goût pour toujours.

Il a passé l’après-midi avec Jean-Marie à écrire une rétrospective, la numéro deux, à propos d’anciens travaux de mes élèves.

Il entend le bruit du crayon de couleur s’activer vivement.
Son fiston travaille sur un exposé de Cézanne, il observe et traduit attentivement une peinture de pommes et de biscuits ; nouveau programme oblige, le voilà réalité en primaire. C’est une bonne entrée en matière, sur la durée cela portera sûrement ses fruits et de bons biscuits.

A la page 224 : « l’architecture peinte : ‘du lien mnémonique’ à l’espace parcouru » - Ars memoria citation de Saint Thomas, évidemment on comprend mieux pourquoi on attribue à ce Saint les vertus de nous permettre de retrouver les choses perdues.

« L’ars mémoriae au XVème siècle s’attache à une combinaison de lieux et d’images. Les figures s’y installent de manières calculées. Le spectateur, l’orateur, le moine, le dévôt se déplacent à travers ‘les bâtiments de mémoire’ conférant ainsi à la peinture une fonction « mnémonique ou émotive ».

L’architecture joue un rôle de plus en plus essentiel (v. Annonciation de la coll. Gardner), l’emploi de la perspective permet de « creuser » des espaces derrière les personnages, mais aussi les bâtiments se percent d’ouvertures (porosités pour employer un terme en vogue) plus nombreuses permettant une implantation de plus en plus solide et vraisemblable des figures s’installant dans un agencement des groupes ou des épisodes.

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