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article Carnets de desseins 23 octobre 2013     -    publié le 04/11/2013

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Qui s’est confronté un jour au dessin d’observation de manière élégante, fugace, opiniâtre ou volontariste –et qui ne l’a fait quelles que soient ses aptitudes ? – a mesuré quelle somme d’opérations complexes il faut mettre en œuvre entre l’œil et la main pour que l’une restitue à l’autre le même désir de voir qui l’animait lorsqu’elle à commencé à dessiner.

Dessiner, c’est avant tout introduire sans doute inexorablement un véritable dessein. Un dessein qui favorise probablement un éventuel et proche destin.
Car dessiner, c’est toujours tenter de mieux percevoir, c’est ouvrir la vision pour nous y installer dans le plaisir paradoxal d’un mouvement jamais tout à fait satisfaisant, qui reconduit sans cesse le geste même du dessinateur vers plus d’exactitude dans l’exécution. Mais que nous renvoie véritablement le dessin et vers qui ?

« L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible » notait Paul Klee. Il faudrait ajouter le terme lisible pour ce qui autrement serait resté insoupçonné ou simplement ignoré. Notre regard, on le sait est conditionné en fonction d’une détermination plus ou moins consciente qui fait d’un visage ou d’une scène de genres la projection d’une myriade d’éléments enregistrés et fantasmés correspondant à ce que nous appelons communément une vision. Certains apprécieront cette part trop subjective et perfectible, et ils la pourchasseront pour obtenir une image aussi proche au réel.

Les apprentis dessinateurs, de fait, commencent par penser ainsi et produisent des dessins « aussi fidèles que possible, très souvent laborieux » qu’ils veulent « réalistes », mais qui demeurent dépourvus de puissance évocatrice.

Cette conception du dessin comme « cosa mentale » est assez proche de la théorie du disegno élaborée au XVI° siècle, en conformité avec une image idéale ou à un modèle. « Or, si cette théorie du disegno ne rend pas compte de la pratique effective qu’elle est supposée ordonner : le dessin ne cherche pas à conformer la figure à l’image mentale à laquelle elle se rapporte, mais bien à l’en émanciper. Il ne constitue pas un lien entre l’ordre de la pensée et celui de la visualité, mais rend celle-ci opaque à la discursivité : il ne travaille pas à la transposition, mais au déplacement et à la transformation » souligne Philippe-Alain Michaud dans la préface du catalogue de l’exposition « comme le rêve le dessin ».

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