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article Arturo Pérez-Reverte, Le peintre de batailles, Points     -    publié le 28/05/2010

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Il nageait, appliqué, vigoureux, avançant vers le large à un bon rythme et avec une précision géométrique, sur une ligne droite qui coupait exactement par la moitié le demi-cercle de la crique. Il sentait dans sa bouche, avec le goût du sel, celui du cuivre de la pièce de monnaie destinée à Charon. Il se demanda ce qu’il trouverait au-delà des trois cents brasses.

Ainsi Faulques se porte-t-il à la rencontre de sa mort. Il vient de parachever la grande fresque qui recouvre les parois de la tour en laquelle il s’était retiré. Cette fresque – qui n’est pas une bonne peinture de l’avis de son auteur, mais qui est néanmoins parfaite – représente les aspects de la souffrance, de la méchanceté et de la cécité humaine quand elles parviennent à leur acmé dans ces situations d’exception qu’on appelle les guerres. La guerre comme point culminant de la volonté vitale et de l’élan de domination. En regard de la guerre, la peinture comme exutoire (ou comme catharsis) des horreurs et terreurs rentrées, surmontées.

Car Faulques s’est fait peintre. Peintre de batailles. Avant, il était photographe de guerre. Il a traîné ses brodequins et sa batterie d’objectifs sur tous les théâtres de conflits et d’opérations militaires. Il a tout vu, le pire, le catastrophique, l’innommable – embrassé de près le Chaos – et il a survécu. Comment survit-on à tout cela, à l’inhumain, à la folie ? C’est la question qui traverse le roman d’Arturo Pérez-Reverte. Comment survit-on au Chaos, à l’Abîme ? Mais l’affaire est encore plus complexe.

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