Accueil : Arts Appliqués
Accueil >> Enseigner >> Livres >> Scott Mc...

article Scott Mc Cloud, L’ART INVISIBLE, Delcourt     -    publié le 07/03/2010    mis à jour le 10/03/2010

1 2 3 

Je n’ai jamais été un consommateur de bandes dessinées. Un consommateur de bandes dessinées parcourt une planche (qui a coûté sang, sueur et eau à son auteur) avec célérité – j’en ai observé des typiques à la bibliothèque municipale : ils passent vite et avidement d’une page à une autre. Avec une qualité de présence à ce qu’ils font très particulière, sans point commun avec celle du lecteur de littérature. Je me suis dit parfois qu’ils lisaient l’histoire – qu’ils parcouraient le film de l’histoire – à la vitesse de l’histoire elle-même, enfin quelque chose comme ça. C’est vrai sans doute que l’on ne peut suivre un enchaînement de chocs, ou de mouvements ou de poursuites, ou de tornades avec lenteur, comme si on lisait Joyce, Heidegger ou un autre écrivain, un autre philosophe.

Mais moi je souffrais de lenteur, quand je m’aventurai dans la bande dessinée. Je sais lire, le problème n’est pas là, et décoder une image, mais dès que j’ouvre un album, je reste sidéré par le crépitement des vignettes, l’effet-foule, l’accumulation ; et puis lorsque j’attaque une vignette en particulier, je me mets à considérer la composition, le cadrage, le graphisme, le texte, l’habileté du créateur. Je rêve autour de la performance. J’ai l’impression que l’on me donne à manger – il y a la dimension « gustative-visuelle » au sein de toute image – sur une table magnifiquement garnie, une multitude de plats dont chacun d’entre eux va me retenir au moins toute la soirée. Alors le repas, à becquetées de moineau, dure… jusqu’au bout de la nuit !

Scott Mc Cloud, L'ART INVISIBLE, Delcourt
« Précédente  1 2 3  Suivante » Sur une seule page
Contact
Accessibilité
Mentions légales
RSS
Académie de Poitiers, Rectorat, 22 rue Guillaume VII le Troubadour BP 625 86022 Poitiers Cedex