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article Erwin Panofsky - La Renaissance et ses avant-courriers dans l’art d’Occident - Champs arts chez Flammarion     -    publié le 20/02/2015

Après avoir lu un tel livre on peut se demander comment en proposer un compte-rendu, sinon en offrant immédiatement un extrait du texte, résumant en définitive ce qui en constitue l’idée directrice :

" L’historien d’art […] devra accepter certains faits fondamentaux ; à savoir qu’une première rupture par rapport aux principes médiévaux de représentation du monde visible au moyen du trait et de la couleur s’est effectuée en Italie à la fin du XIIIe siècle ; qu’un second changement fondamental, qui a commencé en architecture et en sculpture, plutôt qu’en peinture a eu lieu au début du XVe et a entraîné un intérêt intense pour l’Antiquité classique ; et qu’une troisième phase, apogée de tout le développement, qui a finalement synchronisé les trois arts et a temporairement éliminé la dichotomie existante entre les points de vue naturaliste et classicisant, a commencé au seuil du XVIe."

Erwin Panofsky.

9782081217478FS

On peut aussi se questionner sur l’apport d’une telle lecture : en direction des élèves, pour soi...

Comment pourrait-on, à partir d’un ouvrage d’approfondissement d’une telle érudition1, et il faut l’avouer, difficile à lire en ce qui m’a concerné, retirer et transmettre de la façon la plus simple et la plus adaptée possible la somme des connaissances contenue dans celui-ci ?

Où trouver et comment dégager les grandes idées de cet ouvrage dans la densité des références iconographiques et littéraires en évitant de s’y perdre ? (Voire musicales dans l’analyse du Parnasse de Raphaël p350 à 353)

Quelle est (ou sont) la (les) méthodologie(s) à employer permettant de transmettre ces grandes idées ? Par exemple comment, à partir du 15ème siècle, la doctrine néo-platonicienne initiée par Marsile Ficin gagne toute l’Europe et « devient une des forces majeures » de la culture occidentale ?

Comment aborder les « implications métalittéraires » dans la Primavera de Boticelli de la Giostra de Politien ? De quelle façon expliquer que la Vénus de ce même tableau, soit « vraisemblablement enceinte « et que « ses gestes et ses draperies suivent un modèle traditionnellement associé à l’Annonciation » ?

Comment enseigner ce qui a pu, par l’hymne homérique paraphrasé dans « La Naissance de Vénus » du même Boticelli, éveiller et exaucer « chez les hommes de la Renaissance à la fois leur sentiment le plus puissant du désir d’une « renaissance » » ?

Autres et dernières questions :

Peut-on arriver seul à répondre à tout cela ?

Est-il souhaitable de partir d’un tel ouvrage pour enseigner une partie (conséquente) de l’histoire des arts (humaniste de plus est) ?

Il ne resterait, alors et en conséquence, qu’un intérêt tout personnel de lire cet ouvrage pour apprécier les délicates et passionnantes analyses d’Erwin Panofsky ; nous permettant d’appréhender les transitions et les ruptures stylistiques du Moyen-âge à la Renaissance. C’est peut-être par cet intérêt, cette résistance sans but et sans utilité que l’on pourra trouver réponse.

- Une problématique - Il est certes vrai que l’on n’a pas besoin « d’être doté d’un titre universitaire pour goûter profondément un tableau de Botticelli » et de Raphaël ou pour apprécier la finesse d’analyse d’Erwin Panofsky.

(1) au regard de la masse des références artistiques, littéraires, religieuses, mythologiques, philosophiques et des notes liées aux chapitres faisant au moins le tiers en quantité de ceux-ci.

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