Accueil : Arts Appliqués
Accueil >> Enseigner >> Livres >> Christine...

article Christine Cayol, "Voir est un art", Village Mondial. 2ème volet.     -    publié le 20/02/2015

Dès l’introduction on sait que la lecture va plaire, parce que le style est fluide et que le sujet est abordé en profondeur, rapidement.
C’est avec Cézanne et "sa montagne Sainte Victoire", dans son introduction, que Christine Cayol engage sa réflexion sur l’art de voir.

voir-est-un-art-2

Voir est un art que l’écrivaine maîtrise parfaitement ; elle nous invite, par son regard, à revisiter "dix tableaux pour s’inspirer et innover" sous titre du livre.

Sa vision m’inspire, il n’y a aucun doute, son regard voyage à travers les œuvres, interroge ce que perçoit son œil et scrute son esprit. Elle me traduit ce que le peintre a vu ou plutôt a rendu visible.
"Rendre visible l’invisible" et le rendre possible au regard, à l’esprit par le sens de ce que le peintre semble avoir voulu transmettre.

La fonction de la peinture est de donner à voir, silencieusement. elle porte par le regard au langage.

Son existence en dépend.

Les textes de Christine Cayol sont écrits tout en "douceur", on y perçoit l’érudition sans que celle-ci entrave la lecture.
Elle nous apprend à voir, à renouveler notre regard sur les œuvres par une vision "inspirée" proche de la méditation, du partage intime de son émerveillement.

"Je rêve d’émouvoir" écrit Christine Cayol dans le chapitre "Rêver sans fuir" de son introduction.
En effet qui n’a rêvé, dans l’exercice de ses fonctions, de captiver son public autour du commentaire d’une œuvre ?

Nous savons que ces instants "d’émerveillement", ne nous garantissent pas une adhésion durable des élèves au regard de l’œuvre. La parole reste fragile, le langage garde un caractère suspect aux yeux de nos élèves.
L’œuvre peut être aussi commentée par une restitution écrite, ou par quelques questions judicieusement retirées mot pour mot d’un texte donné à la lecture d’un tableau.
Mais nous connaissons aussi les limites de cette activité, et du risque de perdre définitivement le faible éclairage transmis.

Afin d’éviter de refermer cette timide ouverture "à la pensée sensible", l’activité du dessin, reste pour nous, le seul salut possible : l’apprentissage du regard.

Retourner au silence de l’œuvre, engager son attention visuelle aux chemins de la pensée qu’elle ouvre en la dessinant, et tenter de transmettre par le trait, la forme, la couleur l’émotion de la découverte.
La découverte de soi.

Apprendre à regarder. Je suis de plus en plus convaincu que c’est l’objectif essentiel à s’autoriser, avant et pour en aborder d’autres.

La surabondance de l’image, l’omniprésence de la marchandisation du visuel rend aveugle et anesthésie le sens de la vue, et ne peut apporter en définitive que du désespoir.

Eduquer le regard et résister sans concéder à la mollesse visuelle.

"Rêver sans fuir" voilà qui est bien dit et bien pensé, voilà ce que cela fait résonner dans mon moi enseignant, voilà ce qui m’inspire et renouvelle mon rêve.

Contact
Accessibilité
Mentions légales
RSS
Académie de Poitiers, Rectorat, 22 rue Guillaume VII le Troubadour BP 625 86022 Poitiers Cedex