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article 2 expositions à Paris.     -    publié le 06/11/2007    mis à jour le 19/11/2008

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Gustave et Alberto : l’opulent et le maigre.

1- Gustave Courbet au Grand-Palais. Ce peintre m’a toujours laissé une impression mêlée. De la jubilation d’abord, parce que la matière, la densité, le poids, le corps des êtres et des choses sont pris en charge, accueillis, acceptés. Une sorte de malaise ensuite, sans doute dû au fait que les objets du monde que l’artiste saisit, sont capturés, immobilisés, plaqués parfois, refermés dans leurs formes. (Ne privilégie-t-il pas souvent d’ailleurs la pose dite en sommeil, afin que les modèles s’exposent sans réticences, dans la plénitude de l’abandon ?) On rencontre ainsi la série des Vagues. Suspendues, pétrifiées… Même palette : verts, violets, quasi identiquement placés ; et cette extrême pesanteur minérale, cette lourdeur granitique, cette crinière d’écume d’une mer qui soulève sa grande carcasse et crache sa puissance retenue.

2- Texture de granit, par endroits. Je n’ai jamais été très séduit par l’application des pigments au couteau, chez Courbet, lorsqu’il évoque les frondaisons du Grand Chêne, par exemple, ou encore l’herbe des talus. Je ne peux m’empêcher de penser à cet aspect de la pâte dont les fabricants de "séries" à bon marché (paysages rutilants, artificiels et sucrés jusqu’au délire) usent et abusent, pour tenter les badauds. Courbet bien sûr est beaucoup plus grave. Mais on n’est pas maître de ses associations…

3- Je n’ai pas vu les Cribleuses de blé, tableau que j’aime beaucoup, pour son rythme tout en orbes et en ellipses (j’y ai toujours perçu en filigrane comme un roulement de planètes). Ni le socialiste Casseurs de pierres. Mais j’ai découvert trois tableaux surprenants (l’un s’appelle La Toilette de la morte), où se glissent certaines formes de la modernité (telles chez Manet, Cézanne), avec des planéités insolites, des glissements et coulées transparentes de couleurs sirupeuses ou acides. De l’inachevé, du maladroit libérateur, du brutal savoureux…

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