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article Au musee du quai branly     -    publié le 20/11/2006    mis à jour le 19/11/2008

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1 - Semblable à un cargo rutilant (magnifique orchestration des rouges !), les soutes remplies d’une cargaison de trésors…

À quai. Bercé dans un écrin de verdures (qui vont grandir). Jusqu’où iront-elles ?

Déjà s’élance un mur végétal, svelte, plantureux, plein de promesses, aux abords duquel des jeunes gens dessinent, sur grands formats (je ne sais quoi exactement, je fais la queue et je n’ai pas envie de perdre ma place pour aller jeter un œil).

Bâtiment bateau. D’un bateau conséquent, on dit que c’est un bâtiment. - Comme amarré - à la tour Eiffel, qui sous cet angle, offre un nouveau visage… et pétille d’allégresse dans le matin radieux. (Avec les rouges et les ocres qui s’accrochent à ses basques, elle rappelle la tour Eiffel de Robert Delaunay, celle qui danse la gigue, enlacée à pleins bras par les nuages.)

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Franchi le rempart antibruit : une vitre sérigraphiée de signes blancs, merveille ! voici que s’éteint d’un coup la rumeur de la cité.

On est accueilli dans une corbeille d’abondance et de silence. Ce silence, ainsi aménagé, convoqué pourrait-on dire, tant il se tient au garde-à-vous, prépare à la rencontre avec l’étrange, l’insolite, le mystérieux : le sacré.

Ce silence purifie avant ce que va être la conversation avec les masques, ce que sera la révérence adressée aux totems ; avant l’éblouissement des parures liturgiques.

On pénètre ce silence comme un corps subtil - une pâte souple et homogène - sans bien s’en rendre compte ; il construit une architecture immatérielle où séjourne le cœur content. On jouit d’une présence invisible et bienfaisante, apaisante. (Est-ce d’être à l’abri de ce silence que la file d’attente conserve si bien sa sérénité ?)

Un silence magique habite les rives du Cargo. Il est une aide et une respiration pour la pensée. Ce n’est qu’en quittant les lieux, plus tard, à la recherche d’un restaurant, ce n’est qu’une fois franchie de nouveau la vitre antibruit aux écritures blanches, que le rugissement du boulevard reprend toute la place, nous étourdit et nous fait toucher mieux le confort de ce qui était.

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