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article Programme d’enseignement spécifique de littérature étrangère au cycle terminal de la série littéraire     -    publié le 25/04/2012    mis à jour le 11/11/2014

L’intégralité de cet article se trouve sur le site de La clé des langues

• Approches

Les grands mouvements littéraires, parce qu’ils rejoignent les moments esthétiques, philosophiques et politiques, inscrivent la littérature dans le cours général de l’Histoire. Ils permettent de situer les œuvres et les auteurs dans une société vivante, et dans une chronologie porteuse de sens. Dès lors qu’ils traversent les cultures, ils offrent la possibilité de croiser les regards, les œuvres et les langues. Ces mouvements littéraires sont abordés au travers du récit, de la poésie et du théâtre. L’importance respective de chacun de ces genres varie selon les cultures et les époques. Cette double approche, historique et par genre, permet de dégager la façon spécifique dont chaque littérature s’est produite dans une histoire singulière, soit en inventant une forme qui lui reste propre ou au contraire la déborde, soit en s’emparant de formes nées ailleurs pour leur imprimer un tour particulier. Apparaissent alors des domaines d’influence et de confluence que l’approche comparative permet de mettre en évidence.

• Thématiques

  • Je de l’écrivain et jeu de l’écriture

Au-delà des liens entre le je de l’écrivain et le jeu de l’écriture, on pensera aussi à un jeu de mots similaire en stylistique anglaise ; the I and the eye. On étudiera ainsi les différents points de vue, le prisme de la narration, la voix de l’auteur. L’enseignant évoquera notamment le modernisme, au travers des nouvelles de Virginia Woolf par exemple.

  • Autobiographie, mémoires, journal intime

On pensera par exemple à Boy, Tales of Childhood (1984) de Roald Dahl. Dans ce premier ouvrage autobiographique, Dahl évoque son enfance et sa jeunesse dans la Grande Bretagne des années 1920-1930. On y trouve notamment la célèbre scène de caning, reprise dans certains manuels, dans laquelle Dahl se souvient d’une ’correction’ reçue pour avoir bavardé avec son camarade Jenkins dans la salle d’étude. Il décrit plus généralement sa scolarité à Cardiff, à Weston-super-Mare et à Repton School dans le Derbyshire.

On pensera aussi à l’autobiographie de Peter Brook, intitulée Threads of Time et publiée en 1998, ainsi qu’aux romans autobiographiques de Maya Angelou qui portent sur son expérience de la ségrégation et de préjugés raciaux aux Etats-Unis. Pour ce qui est du journal intime ou du regard sur soi, on pensera par exemple à Bridget Jones’s Diary de Helen Fielding (1996) et à d’autres exemples de la chick lit, élevée au rang de genre littéraire dans les pays anglophones (Sophie Kinsella...).
L’écrivain dans sa langue, l’écriture comme jouissance esthétique, l’expression des sentiments, la mise en abyme.

Si l’on veut étudier le rapport entre l’écrivain et sa langue, il serait intéressant de passer par les premiers auteurs de langue anglaise après la période normande. C’est au quatorzième siècle que Chaucer fait d’une langue orale une langue littéraire en écrivant ses Canterbury Tales en anglais alors que le français, ou plutôt le normand, était encore la langue officielle du royaume. S’il est difficilement envisageable d’étudier en intégralité un conte de Chaucer avec des lycéens, l’étude d’un court extrait montrant la forte influence du vocabulaire français sur la langue anglaise permettra aux élèves de comprendre que la langue anglaise n’a pas toujours été le vecteur d’une hégémonie culturelle anglo-américaine. Au temps de Chaucer, écrire en anglais était un acte engagé. Rappelons en effet que jusqu’au milieu du seizième siècle, certains intellectuels anglais comme Andrew Boorde dénigraient leur propre langue et soutenaient les emprunts lexicaux qui selon eux permettaient d’enrichir une langue considérée comme vulgaire : "The speche of Englande is a base speche to other noble speeches, as Italion Castylion and Frenche, howbeit the speche of Englande of late dayes is amended" (The first boke of the Introduction of knowledge (1550)).

L’écriture comme jouissance esthétique évoque quant à elle l’émerveillement des romantiques face à la nature. On pensera aux célèbres Daffodils de Wordsworth (1807) ou bien encore au magnifique The Rhodora d’Emerson (1839), véritable manifeste du transcendantalisme américain. On étudiera aussi les poèmes et les contes d’Oscar Wilde, The Nightingale and the Rose par exemple.

L’expression des sentiments peut être associée à l’écriture de Jane Austen et aux relations familiales et amoureuses en Angleterre au tournant du dix-huitième et du dix-neuvième siècle. L’on travaillera par exemple sur un extrait de Pride and Predjudice en passant par l’une des adaptations filmiques du roman. On étudiera aussi le théâtre d’Arthur Miller et particulièrement Death of a Salesman dont tous les personnages semblent frappés d’une incapacité à communiquer.

La notion de mise en abîme invite à étudier les récits enchâssés (Wuthering Heights, Frankenstein...) mais aussi l’intertextualité. On pensera notamment à la réécriture de The Picture of Dorian Gray par le romancier britannique Will Self (Dorian, an Imitation, 2002).

  • La rencontre avec l’autre, l’amour, l’amitié

La thématique de la rencontre est souvent centrale au roman, mais elle apparaît également dans le théâtre et la poésie ; de la rencontre mémorable chez Blake (The Tyger) aux rencontres avortées de Beckett. L’amour pourra quant à lui nous transporter des sonnets de Shakespeare aux relations conflictuelles évoquées dans les poèmes de Carol Ann Duffy (Quickdraw, 2005).
Le roman épistolaire, l’amour courtois, la poésie mystique, élégiaque

Pour le roman épistolaire, on choisira par exemple The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society, le best-seller de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows qui évoque les conditions de vie dans les îles anglo-normandes durant l’occupation allemande. L’on pourra s’intéresser aux différences de niveaux de langues des lettres qui composent le roman.

L’amour courtois au sein de la littérature anglaise nous renvoie bien évidemment aux légendes arthuriennes et donc à La Morte d’Arthur de Thomas Malory. Si la langue de Malory est difficilement accessible pour les lycéens, cela n’empêchera pas d’étudier les échos du genre courtois dans le théâtre élisabéthain (As You Like It, The Knight of the Burning Pestle (parodie)), ou bien encore dans le roman gothique (le Dracula de Bram Stoker).

La poésie élégiaque (elegy) évoque la complainte et l’expression des sentiments du poète à l’égard d’un être disparu. On pensera par exemple aux bien-nommés Graveyard Poets du dix-huitième siècle qui préfigurent le genre gothique en méditant sur la mortalité par des épitaphes obscures. On citera par exemple Thomas Warton, James MacPherson ou Thomas Chatterton. Plus proche de nous, on pensera aussi à W.H. Auden et son célèbre Funeral Blues : "He was my North, my South, my East and West,My working week and my Sunday rest (...)."

Pour ce qui est de la poésie mystique, on pensera par exemple aux poèmes de William Blake qui peuvent être étudiés au regard de ses tableaux, dessins et gravures. L’on pourra aussi étudier certaines œuvres du poète jésuite Gerard Manley Hopkins ou pourquoi pas le célèbre Kubla Khan de Coleridge.
Les jeux de l’amour, le couple et le double

Tout anglophone qui se respecte associera les jeux de l’amour à la comédie shakespearienne. On pensera par exemple à Love’s Labour’s Lost, A Midsummer Night’s Dream, et toutes les pièces fondées sur le quiproquo amoureux. Si les doubles sont nombreux chez Shakespeare, on pensera aussi au dédoublement de personnalité et aux doubles monstrueux (Dr Jekyll and Mr Hyde de Stevenson, The Picture of Dorian Gray d’Oscar Wilde). L’on pensera aussi au thème de la gémellité et au roman de Bruce Chatwin, On the Black Hill, dont les protagonistes, des jumeaux, sont séparés par la première guerre mondiale et par leurs aspirations divergentes.

  • Le personnage, ses figures et ses avatars

L’étude du personnage sera l’occasion d’analyser différents genres et différentes périodes de la littérature du monde anglophone au travers de ses grandes figures. Cette étude pourra devenir comparative puisque nombre de mythes littéraires dépassent les frontières d’une langue et d’une culture unique.
Héros mythiques ou légendaires, figures emblématiques

Les figures mythiques ou légendaires de la littérature anglophone prennent leurs sources dans les sagas nordiques et dans la matière de Bretagne. L’on évoquera éventuellement les légendes arthuriennes pour rappeler leur ancrage principalement britannique ; le royaume mythique de Bretagne étant composée d’une partie de la Grande-Bretagne et d’une partie de la Bretagne continentale. Les élèves seront cependant plus attirés par l’étude de l’heroic fantasy et plus particulièrement de l’œuvre de Tolkien dont l’univers est largement inspiré des légendes arthuriennes et des sagas. L’on pourra comparer des extraits de Lord of the Rings aux exploits chevaleresques narrés par Malory. L’on pourra même rapprocher la caverne du dragon dans The Hobbit de son intertexte anglo-saxon ; le dragon cracheur de feu de Beowulf (en anglais moderne bien entendu).

Par chance, les héros et figures emblématiques ne manquent pas dans la littérature de langue anglaise. On pensera notamment aux héros des tragédies shakespeariennes comme Hamlet, Othello ou Richard III. On pensera également aux grandes figures du roman victorien comme Silas Marner (George Eliot), David Copperfield (Charles Dickens), Jane Eyre (Charlotte Brontë). On étudiera aussi le Lolita de Vladimir Nabokov.
Héros et anti-héros, la disparition du personnage

L’anti-héros prototypique de la littérature anglaise est bien entendu le Falstaff de Shakespeare dont l’inconstance et la couardise égaient les pièces historiques du dramaturge élisabéthain. L’on étudiera aussi le roman noir américain et notamment le personnage de Sam Spade dans The Maltese Falcon de Dashiell Hammett (1930).

La disparition du personnage, que l’on associe dans la littérature française au Nouveau Roman, entre en résonance avec le rejet du narrateur unique et la multiplication des points de vue et des voix narratives que l’on trouve par exemple chez Faulkner ou chez Joyce.

  • L’écrivain dans son siècle

L’écrivain dans son siècle nous invite à étudier le regard d’un auteur sur un épisode particulier de l’histoire du monde anglophone. Citons par exemple les poèmes de Langston Hughes, les romans de Toni Morrison et notamment Beloved qui retrace le parcours d’une ancienne esclave. Citons encore The Grapes of Wrath de Steinbeck (Great Depression) ou les pieces de Fugard sur l’apartheid (The Coat, The Island...).
Roman social, roman policier, la littérature de guerre et d’après guerre, l’essai, le pamphlet, la satire

Les auteurs que l’on peut rapprocher du roman social, en Angleterre, sont ceux qui portent un regard critique sur la société victorienne. L’on citera Charles Dickens bien entendu, Elizabeth Gaskel (North and South), mais aussi Disraeli et son roman intitulé Sybil, or The Two Nations (1845) dans lequel le futur Premier Ministre britannique dénonce les conditions de vie de la classe ouvrière née de la révolution industrielle.

Pour ce qui est du roman policier, on se penchera outre atlantique vers les hardboiled crime fiction (romans noirs) souvent associés à l’époque de la prohibition et outre manche vers les grandes séries policières ; les Sherlock Holmes, ancrés dans les dernières décennies du dix-neuvième, et les Hercules Poirot qui s’inscrivent principalement dans l’Europe de l’entre deux guerres. On pensera aussi à la pièce de Priestley intitulée An Inspector Calls (1945) qui dénonce l’hypocrisie de la bonne société édouardienne.

La littérature de guerre et d’après guerre : l’on pensera immédiatement aux war poets dans différentes périodes et dans différents lieux. Citons par exemple Stephen Crane sur la guerre de sécession, Edward Thomas et Wilfred Owen sur la première guerre mondiale, Keith Douglas et T.S. Eliot (Little Gidding) pour la seconde, ou bien encore Harold Pinter et ses poèmes engagés.

L’essai, le pamphlet, la satire : on pensera aux magnifiques Essays of Elia de Charles Lamb, des textes courts et mordants qui offrent une vision très complète des enjeux sociaux, politiques et culturels de l’Angleterre au début du dix-neuvième siècle. (A Bachelor’s Complaint, Of The Decay of Beggars in the Metropolis...). Du côté Américain, l’on passera par les incontournables essais d’Emerson (Nature par exemple). On étudiera aussi Swift et ses brillants pamphlets comme A Tale of a Tub ou A Modest Proposal. On pourra aussi se pencher sur les Gulliver’s Travels, formidable satire le l’Angleterre de la première moitié du dix-huitième siècle.
Le débat d’idées, l’engagement et la résistance, la transgression, la dérision, l’humour

Débats d’idées, engagement et résistance : l’on pensera par exemple à l’œuvre engagée de George Orwell. Son roman intitulé Homage to Catalonia (1938) rend compte de sa participation à la Guerre d’Espagne dans les rangs du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste. On pensera aussi aux critiques du totalitarisme que sont 1984 et Animal Farm.

La transgression est l’un des thèmes principaux de la littérature postcoloniale. Il s’agit notamment du thème central de The God of Small Things d’Arundhati Roy où la remise en cause du système des castes rend perméables les interdits sociaux et religieux.

Le thème de la dérision et de l’humour permettra d’aborder certains romanciers contemporains comme Percival Everett et son excellent American Desert où un universitaire décapité lors d’un accident de voiture sort ressuscité de son cercueil le jour de son enterrement. Il sera ensuite capturé par une secte évangéliste, séquestré dans une base militaire secrète et libéré par des amateurs d’extraterrestres... L’on conseillera aussi The Gun Seller, une parodie de roman d’espionnage écrite par Hugh Laurie (1996).
Voyage, parcours initiatique, exil

Le thème du voyage et de l’exil amènera notamment les enseignants à travailler sur la littérature coloniale et postcoloniale de langue anglaise. Le parcours initiatique sera quant à lui associé au genre du bildungsroman.
Les récits d’exploration, d’évasion, d’aventure, le roman d’apprentissage

Les récits d’exploration : Heart of Darkness de Joseph Conrad, bien que d’un abord difficile pour des lycéens, pourrait être étudié sous la forme d’une série d’extraits et comparé au film Apocalypse Now de Coppola. Dans les deux œuvres, l’étrangeté est tout d’abord synonyme de barbarie avant de devenir une alternative à une société coloniale à la dérive (au sens littéral comme au sens figuré).
Les récits d’évasion, d’aventure

Pour l’aventure, on pourra étudier quelques passages de Moby Dick ; peut-être les premiers chapitres du roman, avant le départ du baleinier. On pensera aussi à Robinson Crusoe de Defoe et à l’un de ses pendants contemporains, Life of Pi, de Yann Martel.

Le roman d’apprentissage : les bildungsroman sont nombreux dans la littérature de langue anglaise. On pensera notamment à Tom Jones de Henry Fielding (1749), Mansfield Park de Jane Austen (1814), Sons and Lovers de D.H. Lawrence (1913), et bien entendu The Catcher in the Rye de Salinger (1951) dont le protagoniste suscitera l’empathie chez bon nombre de nos élèves.
Le déracinement, l’errance, le retour

Pour le déracinement, on étudiera par exemple quelques passages de The Buddha of Suburbia et son portrait de la communauté pakistanaise à Londres : « I am an Englishman born and bred, almost », déclare Karim, le narrateur d’un roman dont les protagonistes sont à la recherche de leur identité. Pour l’errance, on pensera à Into the Wild de John Krakauer qui raconte le périple de Christopher McCandless, ce jeune Américain retrouvé mort en Alaska en 1992 après des mois d’errance solitaire.

  • L’imaginaire

Le thème de l’imaginaire sera l’occasion de travailler sur la science fiction, mais aussi sur les comtes et la littérature de jeunesse, beaucoup plus rescpectable et respectée dans le monde anglophone que chez nous.

  • L’étrange et le merveilleux, le fantastique, la science-fiction

Associons d’emblée l’étrange et le fantastique aux nouvelles d’Edgar Allan Poe. On étudiera par exemple The Black Cat, The Fall of the House of Usher, The Tell-Tale Heart. L’on étudiera aussi ses poèmes, notamment The Raven et The Haunted Palace.

Pour ce qui est de la science fiction, on se tournera vers les contre-utopies de H.G. Wells ; The Time Machine (1895), The War of the Worlds (1898). On étudiera aussi les classiques du genre comme Dune de Frank Herbert, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, 2001, A Space Odyssey de Arthur C. Clarke, Brave New World de Aldous Huxley ou encore The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy de Douglas Adams.
L’absurde, l’onirisme, la folie, la métamorphose

L’étude du théâtre de l’absurde semble ici incontournable. On choisira par exemple des pièces ou simplement des scènes de Beckett (Waiting for Godot - 1953) ou de Pinter (The Caretaker - 1959, The Homecoming - 1965). On peut imaginer faire jouer certaines scènes aux élèves pour leur faire prendre la mesure de l’absurde.

L’onirisme sera tout naturellement associé à Alice’s Adventures in Wonderland de Lewis Carroll mais aussi au Midsummer Night’s Dream de Shakespeare. Si les métamorphoses sont fréquentes dans la comédie shakespearienne, on pensera aussi, dans un tout autre genre, au monstre protéiforme du célèbre IT de Stephen King. Rappelons aussi que la métamorphose est un thème récurrent de la littérature de jeunesse (J.K. Rowling, Philip Pullman, C.S. Lewis...).

On pourra lier métamorphose et folie en étudiant Frankenstein de Shelley. Le thème de la folie apparait également dans Wide Sargasso Sea de Jean Rhys (1966) ou bien encore dans Suddenly, Last Summer de Tennessee Williams (1958).

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